J’ai souvent l’impression de m’enliser
Dans mes pensées, mes rêves éveillés qui me font bâiller.
J’ai porté ce souvenir comme un pendentif d’acier, pour ne jamais oublier
Ces regards, ces sourires, ces nuits, ces jours, tous ces instants partagés.
Tant d’amour ou tant de venin, tant de sentiments, tant de cœurs brisés.
À force d’espérer, d’attendre, de rêver, d’apprendre… j’ai fini exténuée.
Devrais-je encore persévérer, tout donner pour me sentir validée, aimée ?
L’affection, la douceur, la tendresse… ces trésors tant désirés…
Sont-ils réels ou semblables à un vêtement froissé,
Qu’on tente d’embellir, de recoudre ou de camoufler ?
L’espoir, refroidissant ma haine, est azuré, adoré… et je ne sais plus distinguer
Si je suis blessée ou simplement harassée.
Suis-je encore vivante ? Mon pouls bat, certes… mais mon âme semble assassinée.
Réanimer mon cœur ou laisser mes peines s’épuiser : un choix pour ne pas m’ankyloser.
Je respire encore… un peu de douleur mêlée aux couleurs de ce ciel pollué,
Remué, agité, au-dessus de ma tête fatiguée, usée, désespérée,
Derrière un sourire imité, presque falsifié.
Je veux juste crier : ça suffit, ça y est.
Alors ça y est, triste nuage, fiche-moi la paix.
Je marche encore près du bord, en pensant à la mort.
Et si je plongeais dans cette eau glacée, serais-je encore
Désespérée pour un peu d’affection, un peu de réconfort ?
Ressentirais-je encore ce chagrin si fort ?
Je crois que je m’endors.
Je regarderai le ciel et je murmurerai : « J’adore ».
Mais je ne me supprimerai pas d’abord.
Je caresserai mon corps,
Je me serrerai fort,
J’essaierai de m’aimer encore,
Et je dirai que j’avais eu tort.
Me voici encore à traverser ce chemin, celui de ma vie.
Ce nuage et moi sommes à présent amis.
Il s’est attaché à moi, j’en fais le pari.
J’irai réaliser un de mes rêves : visiter Paris.
Peut-être que là-bas, je retrouverai le goût de cette vie.
Je regarderai la Seine danser sous les lumières de la nuit.
Je laisserai derrière moi les fantômes et le bruit.
Et si le nuage revient, je lui sourirai sans souci.
Car désormais je sais qu’il ne décide plus pour moi de la pluie.
Alors je lui dirai doucement :
« Merci pour la compagnie… mais maintenant, fiche-moi la paix, je vis. »
